AVANT ET APRES LA PEINTURE : LE TEMPS DU RETARD. Novembre 2013.

je commence toujours ma peinture par un travail de sa surface.

Les gravures viennent avant et après la peinture.

Avant, pour mettre en branle la surface de la peinture, comme une imminence suspendue, une surface tout juste visible qui en sépare et en rapproche le devant et l'arrière, le début et la fin.

Il s'agit d'une intimité par contact, l'empreinte d'une surface qui s'efface et s'oublie : une infra-intimité qui dépose une infra-présence, une inimaginable et insaisissable présence.

La peinture achevée, les gravures sur cire contractent la force et la receptivité d'une matrice, chair gravée qui conserve la mémoire des gestes, des effacements, des retraits successifs et l'activité d'une forme dessinée, brutale, directe et immédiate.

Dans cette pratique, qui opère par l'envers, le fond est une pression sur l'avant de l'image, une force qui énergise la face visible de l'image.

C'est aussi un "avant" la peinture comme il en est, paradoxe, un "après".

Gravure, diptyque,200x280 cm.
"We are still alive", 2013: Gravure, diptyque,200x280 cm.

Gravure/toile, 140 x 140 cm.
"born to race", 2013: Gravure/toile, 140 x 140 cm.

Gravure/toile, 140 x 140 cm.
"Ha ! Ha !Mieux vaut en rire", 2013: Gravure/toile, 140 x 140 cm.